Guillaume MAUVIEL, évêque.

Je suis un neveu à la 7e génération de Guillaume MAUVIEL, évêque constitutionnel de Saint-Domingue, 1801-1805, né à Fervaches.

 

 

 

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Guillaume MAUVIEL, né le 11 avril 1727, , Fervaches, 50, ,, décédé le 29 avril 1797, , Fervaches, 50, , (à l'âge de 70 ans), Custos.
Marié le 8 février 1749, , Fervaches, 50, ,, avec Elisabeth ETACE, née le 3 janvier 1722, , Fervaches, 50, ,, décédée le 6 septembre 1770, , Fervaches, 50, , (à l'âge de 48 ans), dont

  • Françoise Gillette, née le 15 mai 1751, , Fervaches, 50, ,, décédée peut-être le 25 avril 1778, , Fervaches, 50, , (à l'âge de peut-être 26 ans).
  • Marie, née le 15 mai 1751, , Fervaches, 50, ,, décédée le 15 juin 1751, , Fervaches, 50, , (à l'âge de un mois).
  • François, né le 8 février 1755, , Fervaches, 50, ,, décédé le 29 novembre 1815, , Fervaches, 50, , (à l'âge de 60 ans).
    Marié le 23 novembre 1780, , Fervaches, 50, ,, avec Marie Jeanne GIOT, née le 5 avril 1759, , Fervaches, 50, ,, décédée le 9 janvier 1835, , Fervaches, 50, , (à l'âge de 75 ans).
  • Guillaume, né le 29 octobre 1757, , Fervaches, 50, ,, décédé le 5 mars 1814, , Cézy , 89, , (à l'âge de 56 ans), Evêque constitutionnel.
  • Marie Elisabeth Suzanne, née le 29 avril 1760, , Fervaches, 50, ,, décédée peut-être le 14 juin 1772, , Fervaches, 50, , (à l'âge de peut-être 12 ans).
  • Jacques Nicolas, né le 29 juillet 1764, , Fervaches, 50, ,, décédé.
  • Pierre Michel, né le 29 septembre 1767, , Fervaches, 50, ,, décédé le 27 novembre 1767, , Fervaches, 50, , (à l'âge de un mois).
  • Nicolas.
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  • Je ne vous ferais pas l'analyse du rôle de Guillaume MAUVIEL à Saint Domingue, mais il fut confronté à cette période tumulteuse de l'abolition de l'esclavage, et fut un acteur très actif de cette aventure.

 

  • Mgr Mauviel, évêque constitutionnel des Cayes (Saint Domingue), fut consacré en 1800 par l'évêque constitutionnel de Paris Mgr Royer assisté de l'abbé Grégoire, l'évêque constitutionnel de Blois.

 

  • Son voyage vers Saint Domingue fut long et périlleux, il embarqua à Dieppe au début de l'an VIII et au lieu de prendre un transport gratuit aux frais de l'état, il fut pris à bord d'un navire américain à ses frais. Le navire fut par 2 fois attaqué par les Anglais, il accosta enfin à Saint Domingue à Puerto-Plata au bout de 90 jours.

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  • En 1801 fut promulguée une constitution propre à Haïti par Toussaint Louverture.
  • Il est reconnu pour avoir été le premier leader Noir à avoir vaincu les forces d'un empire colonial européen dans son propre pays. Né esclave, s'étant démarqué en armes et ayant mené une lutte victorieuse pour la libération des esclaves haïtiens, il est devenu une figure historique d'importance dans le mouvement d'émancipation des Noirs en Amérique.(source: Wikipédia)

 

 

  • En 1802, Paix d'Amiens avec l'Angleterre.
    La France ayant toujours considéré Haïti sous sa domination, Napoléon, sous l'influence des créoles et des négociants, envoi une expédition de 30.000 hommes sous les ordres de son beau-frère le Général LECLERC, pour reprendre possession de l'île et y rétablir l'esclavage.
  • Après quelques succès obtenus, il soumit l'île en trois mois et captura Toussaint Louverture, le général noir qui avait transformé la colonie en un État pratiquement autonome. Il n'avait pas encore consolidé cette victoire en désarmant les officiers de l'ancien gouverneur-général quand, malgré ses avertissements à ses supérieurs, l'annonce du rétablissement de l'esclavage à la Guadeloupe souleva la population de couleur et fit l'unanimité parmi les officiers indigènes. Faisant face courageusement, il s'épuisa à combattre une insurrection puissante et organisée. Il fut atteint de la fièvre jaune qui décimait son armée et succomba le 1er novembre 1802 à 30 ans. Son corps fut transporté en France par son épouse, et inhumé dans une de ses terres.(source: Wikipédia)

 

  • Le voyage du retour fut plus rapide, ils ne mirent que 20 jours pour rallier New York à l'estuaire de la Gironde. Après avoir rendu compte de sa mission, Guillaume MAUVIEL éprouva le désir de revoir son village natal. Il acheta un cheval pour accomplir à petites étapes son retour chez les siens. Il touchait au but lorsque sa monture se trouva déferrée, il s'arrêta chez le maréchal ferrant, et que ne fut sa surprise quand il reconnut sa plus jeune sœur, mariée depuis son départ à cet honnête artisan. Il les embrassa tous les deux en versant des larmes de bonheur. Le dimanche suivant fut fête carillonnée à Fervaches, toute la population lui rendit hommage à des lieues à la ronde. L'évêque fit cadeau à l'église de la chasuble qu'il avait emportée en voyage.

 

Sources: Notices, mémoires et documents

De la Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle du département de la Manche, Saint-Lô

Volume .6-8 1885-1889

 

Commentaires

1. Le dimanche 9 août 2009, 15:59 par gaelloick

I N S T I T U T I O N CANONIQUE
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
de Guillaume MAUVIEL
le 27 juillet 1800
Paris

in Annales de la religion, ou Mémoires pour servir à l'histoire de l'Église de France sur la fin du XVIIIe siècle - An VIII T 11 -003

GUILLAUME MAUVIEL , ancien vicaire et desservant de Noisy-le-Sec, diocèse de Paris, né le 29 octobre 1757, à Fervaches, diocèse de Coutances, département de la Manche, élu évêque des Cayes par le concile national, dont il était membre, a été sacré le 3 août 1800, jour de la Susception de la Sainte-Croix, IXe dimanche après la Pentecôte, dans l'église Notre-Dame de Paris, sous le titre d'évêque de l'ancienne partie française de S. Domingue, par le R. Jean-Baptiste Royer, évêque métropolitain, assisté des RR. évêques de Blois et d'Amiens, au milieu d'un concours considérable de fidèles. Nous croyons devoir placer ici l'institution canonique qui lui a été donnée par les évêques composant la commission intermédiaire du concile national ; nous ne doutons pas que l'importance de cette pièce ne la fasse lire avec intérêt par tous nos lecteurs.

I N S T I T U T I O N CANONIQUE
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Éléonore - Marie Desbois, évêque d'Amiens ; Henri Grégoire, évêque de Blois ; Antoine-Hubert Wandelaincourt, évêque de Langres, par la miséricorde divine et dans la communion du Saint-Siège apostolique, composant la commission intermédiaire établie par le dernier concile national de France :

A notre cher fils, le vénérable Guillaume Mauviel, prêtre du diocèse de Coutances, élu par le concile national à l'évêché des Cayes, département du Sud, île Saint-Domingue ; Salut et bénédiction en Jésus-Christ Notre Seigneur. Honorés de la confiance du concile national, qui nous a nommés ses commissaires pour veiller à l'exécution de ses décrets, et qui nous a spécialement chargés de prendre toutes les mesures convenables à cet effet ; après avoir pris en considération celui du 10 novembre 1797, par lequel vous avez été unanimement élu, et de suite proclamé évêque des Cayes, département du Sud, île St.-Domingue, nous vous avons donné l'institution Canonique audit évêché des Cayes, le premier dimanche de l’Avent 1799, et nous vous avons en même-temps adressé à notre révérendissime
collègue Jean-Baptiste Royer, évêque métropolitain de Paris, pour recevoir de lui la consécration épiscopale, conformément aux usages et aux formes établis non-seulement par les saints canons qui font la règle de l'église universelle, mais encore par le droit particulier qui, de temps immémorial, est en usage dans l'église gallicane. Cependant, votre consécration ayant été différée jusqu'à ce moment, nous avons cru devoir profiter de ce délai pour prendre, avant qu'on y procède, une connaissance plus exacte non seulement de l'état actuel de la religion à Saint-Domingue, mais encore 1°. de l'utilité ou des inconvénients qu'il peut y avoir, dans les circonstances présentes, à fixer invariablement dans le département du Sud le premier évêque appelé par la Providence à développer dans l'ancienne partie française de cette vaste colonie, l'exercice du ministère épiscopal ; 2°. des obstacles que pourrait peut-être y rencontrer rétablissement d'un siège épiscopal ; 3°. des grands avantages qui résulteront infailliblement, soit pour la religion, soit pour la colonie, de la prompte organisation du même gouvernement ecclésiastique, tant dans les différentes parties de cette ile que dans toutes les autres possessions françaises, connues sous le nom de grandes et petites Antilles : et ce n'est qu'après avoir pesé ces diverses considérations, que nous croyons devoir vous autoriser : 1 ° . à vous faire sacrer sous les nom et qualité d’évêque de l’ancienne partie française de l’ile Saint-Domingue ; 2 °. à établir votre résidence principale dans le lieu où il plaira à la Providence de vous fixer après votre descente dans cette colonie, à la charge toutefois de donner, soit au prochain concile national, soit à ses délégués, connaissance exacte de tout ce que vous aurez fait et réglé, afin d'obtenir, sur ces divers objets, la confirmation de l'église gallicane, ou d'en recevoir de nouvelles instructions, auxquelles, dans tous les cas, vous serez tenu de vous conformer. Quoi qu'il en soit, comme il est conforme aux vues du dernier concile national et aux intérêts de la religion catholique de substituer au régime ecclésiastique qui a existé jusqu'ici dans toutes les possessions françaises en Amérique, un gouvernement régulier fondé sur les règles saintes que nous avons reçues de nos pères dans la foi, qui puisse donner une existence vraiment canonique à toutes les parties de la catholicité situées dans ces contrées lointaines , et qui forme de toutes ces parties une église pourvue de tous les éléments nécessaires à sa perpétuité, et capable, sous tous les rapports, d'occuper une place distinguée entre les églises catholiques ; nous vous
prions, nous vous autorisons, et, s'il le faut, nous vous enjoignons de donner, le plutôt possible, au nom et de la part de l'église gallicane, qui vous envoie, les témoignages les plus touchants de son affection aux pasteurs et aux fidèles de la partie ci-devant espagnole, et de vous concerter avec eux pour accélérer l'élection d'un évêque capable de remplir dignement le siège métropolitain de Santo-Domingo, dans le cas où ce siège serait encore vacant. Déjà les habitants de cette partie s'estiment heureux, de vivre sous les lois de la république française ; vous vous conduirez de manière qu'ils aient bientôt à se féliciter également d'avoir passé sous le régime de l'église gallicane. C'est ainsi que la religion viendra au secours du gouvernement pour cimenter de plus en plus l'union qui doit désormais régner entre les deux parties d'un même tout ! L'élection du métropolitain de Santo-Domingo terminée, et dès que vous aurez procédé d'une manière canonique à sa consécration et à son installation, vous vous occuperez, de concert avec lui, de l’organisation des nouveaux diocèses établis par le décret du concile national, et vous vous empresserez de remplir tous les sièges épiscopaux encore vacants.
Pour faciliter vos opérations et pour mettre les pasteurs et les fidèles à même de connaitre et d'apprécier les règles saintes qui devront, dans tous les cas, déterminer votre conduite et la leur, vous ferez publier, au nom de l’église gallicane, dans les grandes et petites Antilles : 1°. les Lettres Encycliques de plusieurs évêques réunis à Paris, et auxquelles ont adhéré tous les évêques de France ; 2°. les Canons et Décrets du Concile national ; 3°. la Lettre Pastorale des Évêques réunis, aux Pasteurs et aux Fidèles des Colonies françaises pour leur adresser le décret du concile portant érection de nouveaux sièges épiscopaux dans ces mêmes colonies, et pour leur annoncer votre passage ; 4°. la Lettre d'introduction du prochain Concile. Vous donnerez à ce dernier objet une attention particulière, et vous vous occuperez sans délai des mesures prescrites pour la tenue des synodes diocésains et pour la nomination des députés de chaque métropole au concile national, afin qu'il n'y ait aucune des parties de l'église de France qui n'ait ses représentants dans cette Sainte assemblée. Envoyé par l'église gallicane vers les Français du Nouveau-Monde pour travailler à leur sanctification, vous serez auprès d'eux le fidèle interprète des sentiments dont elle est animée pour tous ses enfants, et vous ferez retentir jusque dans leurs cœurs les accents de sa tendresse. A l'exemple de notre divin chef, vous ne ferez acception de personne, et, comme son apôtre, vous ferez tout à tous. Avant que la patrie se fût déterminée à compter les hommes de toutes les couleurs au nombre de ses enfants, l'évangile, qui nous ordonne de plaindre ceux qui s'égarent, sans partager leurs erreurs, nous avait appris que, quelle que soit, la couleur, le pays ou l'opinion qui les distinguent, tous les hommes, sont frères. Vous annoncerez donc courageusement ces éternelles vérités ; et pour accélérer la fin des malheureuses divisions qui, depuis trop longtemps, font couler le sang, et dont la continuité pourrait entraîner la ruine entière des
colonies, vous rappellerez sans cesse à leurs habitants qu'ils sont tous les enfants du même père, les citoyens de la même patrie ; qu'ils ont été rachetés du même sang, qu'ils ont des droits égaux au même héritage. Par la douceur et la persuasion que vous saurez y mettre, vous les entraînerez tous ensemble aux pieds des saints autels ; et sut les marches du sanctuaire, vous les ferez immoler au Dieu de la paix tous les ressentiments qui les animent encore ; vous leur demanderez, au nom du ciel, l'oubli du passé.
Cette conduite, nous ne pouvons en douter, vous conciliera leur estime ; vous jouirez bientôt de leur confiance ; les prêtres et les fidèles apprendront à respecter, dans la personne du premier évêque que l'église de France leur envoie, le caractère épiscopal. Les différents degrés de la hiérarchie ecclésiastique seront reconnus et respectés ; une sage subordination prendra partout la place de l'anarchie, et tout le monde saura qu'il n'y a point d'église sans évêque, comme l'a très bien dit un saint père; et que si le temps de la domination est passé, celui de l'autorité légitime ne passera jamais. Dieu, du haut des cieux, daignera répandre ses bénédictions sur le pasteur et sur le troupeau, et l'heureux fruit de votre ministère sera la réunion de tous les esprits et de tous les cœurs, de tous les partis et de
toutes les couleurs, dans les doux embrassements d'une tendre et mutuelle charité. C'est alors que vous devrez surtout vous occuper des moyens de consolider votre ouvrage : vous trouverez dans l'instruction des fidèles de grandes ressources pour atteindre ce but. Vous vous empresserez donc d'établir, conformément au décret du concile national, des écoles chrétiennes, que vous placerez sous la surveillance immédiate des pasteurs. Vous devrez aussi rechercher les moyens de perpétuer le sacerdoce, et vous ne pourrez vous occuper trop tôt de l'établissement d'un séminaire où vous puissiez former de bonne heure à l'étude des auteurs ecclésiastiques, de l'écriture sainte et des pères, les jeunes élèves qui seront appelés au service de l'église. Vous trouverez, sous ce rapport, des ressources dans les noirs et les sangs-mêlés, généralement remplis d'heureuses dispositions aux exercices de piété. Vous fûtes témoin de la joie que manifestèrent les Français de la métropole, lorsqu'ils virent pour la première fois des noirs siéger à côté des blancs dans les diverses assemblées nationales et dans les autres corps constitués ; bientôt vous aurez la douce satisfaction de voir également les Français du Nouveau-Monde se réjouir lorsque vous imposerez les mains à des hommes de toutes les couleurs, qu'ils verront ensuite servir et monter conjointement à l'autel. C'est peut-être ici le plus puissant moyen que la religion puisse vous offrir pour extirper jusqu'aux derniers restes d'un préjugé barbare qui divise encore aujourd'hui des hommes dont les véritables intérêts sont de se réunir et de s'aimer. Nous vous recommandons spécialement et comme un des principaux points de votre mission de faire un devoir essentiel, soit aux prêtres que vous ordonnerez, soit aux fidèles que vous serez chargé de gouverner et d'instruire, de resserrer les liens qui doivent constamment unir les colonies à la métropole, et d'entretenir avec le plus grand soin tous les principes de correspondance, d'union et de bonne intelligence qui doivent toujours exister entre les diverses parties d'un même tout, et qui seuls peuvent assurer le bonheur et la prospérité de la patrie. Vous recommanderez, comme un devoir de conscience,
la soumission aux lois de la république ; et vous ne manquerez jamais d'exiger des nouveaux évêques et des nouveaux curés que vous installerez, la promesse de fidélité à la constitution française. Après avoir pourvu à tout ce qu'exigera de vous le maintien de la religion dans les grandes et petites Antilles, nous vous conjurons d'étendre, vos soins apostoliques jusques dans l’intérieur des terres du Nouveau-Monde : on y trouve de nombreuses peuplades encore assises dans les ombres de la mort. Nous vous chargeons, au nom de la religion et de l'église de France, de leur porter les lumières de l'évangile ; il faut que les oracles contenus dans les divines écritures s'accomplissent, et que les restes de la gentilité soient appelés à la connaissance du vrai Dieu.
Au milieu de ces immenses travaux, vous méditerez souvent les saints canons. Nous vous exhortons surtout à ne jamais perdre de vue l'énergie avec laquelle ces règles saintes vous prescrivent : 1°. d'entretenir, par tous les moyens possibles, la communion avec notre saint père le pape, chef visible de l'église universelle et centre de la catholicité ; 2°. de conserver et d'entretenir également, par tous les moyens qui seront en votre pouvoir, la communion avec l'église gallicane, que vous honorerez toujours comme votre mère et votre guide, et dont vous regarderez les diverses églises que vous êtes appelé à fonder, comme autant de parties intégrantes.
Pour lever, autant qu'il est en nous, les obstacles que pourrait rencontrer l'importante mission dont vous êtes chargé, après avoir pris les informations les plus sévères sur la conformité de votre foi à celle de l'église catholique, apostolique et romaine, sur vos vie, mœurs et capacité ; et après nous être assuré que vous avez fait la promesse de fidélité à la constitution française, faisant usage des pouvoirs qui nous ont été concédés par le dernier concile national ;

Et le nom de Dieu invoqué :

Nous vous donnons, par ces présentes, l'institution canonique, et nous vous adressons à notre très cher frère le révérendissime évêque métropolitain de Paris, pour recevoir de lui ou de tout autre évêque catholique délégué par lui, conformément aux règles et aux rites de l'église catholique, apostolique el romaine, ainsi qu'aux saints usages de l'église gallicane, la consécration épiscopale, sous les nom et qualité d’évêque, de l’ancienne partie française de Saint-Domingue, sauf et sous la réserve expresse des droits des autres évêques élus pour la même île par le concile national, et qui devront se rendre à leurs postes aussitôt que les circonstances pourront le permettre.

Nous recommandons aux prêtres et aux fidèles de cette vaste contrée de vous reconnaitre pour leur légitime évêque.

Nous conjurons tous les autres évêques, nos collègues, les prêtres et les fidèles catholiques en quelque pays qu'ils habitent, de vous aider et de vous soutenir de tous leurs moyens dans les importantes et honorables fonctions auxquelles vous êtes appelé.
Nous implorons enfin sur vous et sur votre ministère les bénédictions du ciel, et nous vous donnons le baiser de paix comme le signe et le gage sacré de notre communion en la foi de l'église catholique, apostolique et romaine.

O Timothée, gardez fidèlement le dépôt qui vous a été confié, fuyant les profanes nouveautés de paroles et toute doctrine contraire qui porte faussement le nom de science, dont quelques uns, faisant profession, se sont égarés de la foi ! Que la grâce demeure avec vous ! Amen.

O Thimothée, deposilum custodi, divitans profanas vocum novitates, et oppositiones falsi nominis scientiae, quam quidam promittentes, circa fidem exciderunt. Gratia tecum. Amen
Epist. i. B. Pauli apost. ad Timoth. c. 6, v. 20, 21.

DONNÉ à Paris, le huitième Dimanche après la Pentecôte, le 27 juillet de l'an de Jésus-Christ 1800 ( 8 thermidor, an 8 de l'ère républicaine.)
Sous notre seing et sous le contreseing de notre secrétaire, et sous le sceau du concile national.
 E.-M. DESBOIS, évêque d'Amiens.  H. GRÉGOIRE, évêque de Blois,  ANT.-HUB. WANDELAINCOURT, évêque de Langres.

Par les Révérendissimes Évêques ;

MOULIN, curé de Romainville, secrétaire.

2. Le lundi 10 août 2009, 17:14 par gaelloick

DEBIEN, Gabriel, Guillaume Mauviel Évêque constitutionnel de Saint-Domingue (1801- 1805). Coll. « Notes d’histoire coloniale », no 105. Basse-Terre, Société d’histoire de la Guadeloupe, 1981, 113 p. 60 francs.

À travers les vicissitudes de la Révolution française et de l'Empire napoléonien, auxquelles est liée comme on sait l'indépendance de Saint-Domingue, la carrière épiscopale de Guillaume Mauviel aux Antilles devrait «a priori» fournir une source révélatrice sur Haïti à l'époque de son émancipation politique. Déjà les mémoires et lettres de Mauviel à Grégoire avaient été publiés, en 1886, par Gustave Bord dans la Revue de la Révolution. Avaient suivi les deux «très solides études» (p. 5) du P. Cabon dans ses Notes sur l'histoire religieuse d'Haïti (Port-au-Prince, Petit Séminaire-Collège Saint-Martial, 1933, in-8°) et de J.-P. Rocher dans sa «Note sur la venue dans l'Yonne de deux anciens évêques constitutionnels de Saint-Domingue, Guillaume Mauviel et Jean-Remacle Lissoir» (Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, T. 107, 1975: 155-172). Notre auteur, enrichissant la documentation, veut maintenant compléter quelque peu ces données en insistant particulièrement sur le séjour de Mauviel dans la partie espagnole de l'île où il demeure surtout, en réalité, durant les quatre années qu'il passe en Amérique.

Né à Fervaches (Manche) le 29 octobre 1759 et décédé à Cézy (Yonne) le 9 mars 1814, Guillaume Mauviel — dont l'ordination remonte à une date inconnue — embrasse dans la tourmente révolutionnaire le parti de l'Église constitutionnelle. Ami du grand prélat de cette Eglise, Henri Grégoire dont il n'est «au fond qu'une ombre» (p. 111), il est élu le 10 novembre 1797 par le Concile national de l'an V, évêque des Cayes dans le sud de Saint-Domingue. Unique évêque français de la colonie en plein bouleversement, il ne peut quitter la France qu'en 1800. Il est envoyé alors, malgré son élection au seul diocèse des Cayes, pour s'occuper de toute la partie française de Saint-Domingue, fixant sa résidence où il le pourra. Ses instructions, qui émanent du ministère de la Marine et auxquelles font écho celles de Grégoire de même que celles des délégués de Toussaint Louverture à Paris, l'enjoignent en substance de «rétablir l'union entre les hommes de toutes les couleurs», de «resserrer les liens qui doivent unir les colonies à la métropole», enfin d'«aider à la pacification des troubles de la malheureuse colonie de Saint-Domingue» (Annales de la religion, XII, citées, p. 10). Face aux problèmes raciaux, il partage de prime abord les vues de Grégoire qui, membre de la Convention, avait fait voter en 1794 l'abolition de l'esclavage et qui prône toujours l'égalité civique des gens de couleur et des Noirs libres avec les Blancs. Son élection à l'évêché des Cayes, d'autre part, est à situer dans le prolongement d'une démarche de Louverture auprès de Grégoire en 1796 pour que lui arrivent des «prêtres estimables pour leur attachement à la République» (cité p. 8).

Qu'advient-il, dans pareil contexte, de la mission qui nous occupe? Contrairement à ce que laissait espérer la démarche de Toussaint auprès de Grégoire, le chef noir reçoit fort mal Mauviel — s'abstenant de répondre à sa lettre de présentation qui lui est pourtant adressée à quatre reprises — et lui assigne la résidence de Santiago. L'hostilité plus ou moins franche des prêtres et des fidèles vis-à-vis du soi-disant évêque, français par surcroît, restreint assez le ministère de Mauviel dans l'ancienne colonie espagnole. En 1803, notre pasteur s'efforcera bien de promouvoir l'enseignement du catéchisme au sein de la jeunesse, une semaine en français et la suivante en espagnol. Il tâchera le plus discrètement possible d'enrayer des pratiques jugées superstitieuses et dangereuses comme les processions nocturnes aux flambeaux. Il œuvrera même en faveur des églises, surtout de la cathédrale de Santo Domingo, devant le séquestre et la vente des biens ecclésiastiques. Le sacerdoce doit néanmoins céder le pas au politique. Après l'arrestation de Toussaint en juin 1802 Mauviel se gagne l'estime du général Leclerc, dirigeant l'expédition française de reconquête, par ses efforts pour assurer la soumission des chefs militaires rebelles. Après le concordat signé entre le Saint-Siège et le gouvernement français, il fait parvenir à Rome sa démission comme évêque constitutionnel. Leclerc lui aurait cependant assuré que, suite à cette démarche, il serait promu archevêque de Santo Domingo. Leclerc, malheureusement, meurt de la fièvre jaune le 2 novembre 1802. L'évêque démissionnaire doit se contenter de rester simple administrateur provisoire de l'archidiocèse promis. Ses rapports avec les généraux français se détériorent, sauf avec le général Desfourneaux chez lequel il ira d'ailleurs mourir en France, et finalement le général en chef Ferrand le pousse à quitter Santo Domingo le 9 novembre 1804, son arrivée au port de Bordeaux s'effectuant en avril 1805.

Que nous apprennent sur Saint-Domingue en convulsion la correspondance et les sermons de Mauviel ainsi que les souvenirs et mémoires rédigés ensuite par ce pensionné de l'État? Bien peu de choses. «La plus grande folie que j'aie pu faire en ma vie, écrit-il le 16 janvier 1804 à Grégoire, a été de venir à Saint-Domingue. C'est une terre maudite d'où l'honnête homme devrait se bannir (cité p. 71).» Ambitieux déçu considéré par notre auteur comme un médiocre, Mauviel qui semble avoir échoué dans son ministère à Saint-Domingue à cause particulièrement de sa maladresse envers les hispanophones — incapable aussi fondamentalement de dominer une scène aussi confuse, ne nous apporte que bien peu de renseignements relatifs au clergé comme aux fidèles de Santo Domingo. Quant au milieu haïtien, il n'en parlerait en abondance qu'à propos de ses démêlés avec Toussaint puis des déprédations exercées par les «brigands» jusque dans la partie espagnole de l'île. Les circonstances, du reste, l'empêchent de connaître vraiment ce milieu haïtien. D'autres études permettront peut-être un jour de mieux utiliser le témoignage de Mauviel. Cela nous semble difficile, pourtant. Gabriel Debien, après des recherches relativement poussées, sait du moins conduire agréablement le lecteur entre les dédales d'un épisode touffu de l'histoire événementielle. L'enquête se clôt, en fin de compte, sur un rapport négatif.

Département d'histoire
Université de Montréal JEAN-MARIE LONCOL

3. Le dimanche 23 août 2009, 10:11 par Henri

Merci, pour votre visite sur le blog. Ces compléments sur Guillaume MAUVIEL sont les bienvenus.
Avez vous un lien avec cette famille de Fervaches?

Bien amicalement.

Henri

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